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Photographie d'un parachutiste américain en 1944

​Le récit d'évasion du S/Sgt. Joseph F. DeFranze :​

Le S/Sgt. Joseph F. Defranze saute en parachute et atterri  dans une pinède. Après avoir dissimulé son parachute et son équipement de vol, il se mit en route vers le sud. Une demi-heure plus tard, il rencontra un homme âgé et un garçon qui réparaient la route. L'homme âgé emmena Joseph chez lui, lui donna à manger, puis le conduisit auprès de trois hommes qui chargeaient du bois sur un camion. Le chauffeur (âgé d'environ 35 ans) accepta de l'emmener à Pauillac, mais en chemin, il changea d'avis et le conduisit finalement chez lui et y passa la nuit. Le lendemain, celui-ci l'emmena à Pauillac, où il fut hébergé chez Mme Rabut (âgée d'environ 27 ans ; son mari était prisonnier de guerre en Allemagne et ils avaient un enfant de cinq ans). Joseph fut caché par Mme Rabut pendant trois semaines. Il partagea sa cache avec un ami allemand de celle-ci (âgé d'environ 23 ans, aux longs cheveux blonds, amputé du pouce et de l'index de la main droite ; il travaillait à Bordeaux comme entrepreneur, après avoir été ingénieur en Allemagne, et était un virulent opposant au régime nazi). Cet Allemand et un autre ami (âgé d'environ 30 ans, employé à la Chambre de commerce de Bordeaux) prirent contact avec une organisation de résistance à Bordeaux. Une femme (âgée d'environ 26 ans) vint recueillir ses renseignements, tandis qu'un gendarme de Pauillac lui fournit une carte d'identité assez maladroitement falsifiée. Avant de quitter Pauillac, Joseph a accepté d'envoyer un message via la BBC à son retour sain et sauf en Angleterre : "Aux amis de Juliette, meilleurs voeux de Jo".

Le 20 janvier 1944, deux hommes appartenant à l'organisation, l'un nommé Germain (âgé d'environ 23 ans, mesurant environ 1,70 m, aux cheveux bruns) et l'autre, un jeune homme de 19 ans aux cheveux noirs, emmenèrent Joseph passer la nuit dans une ferme de Pauillac, chez une femme parlant anglais, dont le cousin servait dans la Légion américaine. Le lendemain, les deux hommes conduisirent Joseph en train jusqu'à Bordeaux, puis dans la commune du Bouscat, située dans la banlieue nord-ouest de la ville. Il y fut caché six semaines dans le bâtiment des Bains-Douches, situé place Thiers, propriété de René Coicadin et de son épouse. C'est là qu'il rencontra pour la première fois le 2nd Lt. Hugh Shields (O-743906), abattu le 5 janvier. Pendant leur séjour au Bouscat, Shields et DeFranze reçurent la visite de plusieurs membres de la Résistance, notamment André, le charpentier, un peintre nommé Vincent Abilla et un épicier nommé Marcel Ageon, qui tenait une boutique près de la place Thiers. Ils furent également visités par un policier français qui leur déclara que, s'ils ne parvenaient pas à quitter la France pour l'Espagne, il les conduirait dans un maquis. Michel vint également en compagnie d'un homme de Toulouse qui apporta un questionnaire et proposa à la famille Coicadin une somme de 5 000 francs, vraisemblablement destinée à couvrir les frais de leur hébergement. La famille refusa cette offre. Le 1er mars 1944, Shields et DeFranze furent conduits à la gare, en faisant un arrêt au café de Charles Serra, où Lilly leur apprit que celui-ci avait été arrêté par les Allemands et envoyé dans un camp situé au nord-ouest de Paris.

 

Depuis Bordeaux, ils prirent le train, via Limoges, jusqu'à Toulouse, où ils retrouvèrent Harold Freeman, Levi Collins, Alvin Sanderson, Kenneth Carson, Stanley Dymek, John McLaughlin, Reuban Fier et Robert Finney. Shields rapporte qu'ils furent pris en charge par "Françoise" (Marie-Louise Dissard), qui leur apprit qu'un guide nommé Cherry avait été arrêté à Perpignan par un homme se faisant passer pour un aviateur canadien. Freeman et DeFranze passèrent deux nuits dans le local de l'organisation, tandis que Shields, Dymek, Sanderson et McLaughlin furent transférés dans une maison pour la seconde nuit. On ignore où Collins et Fier furent hébergés, mais Carson et Finney furent conduits dans une pension située au-dessus d'un poste de police, où ils demeurèrent les six jours suivants avant de rejoindre un autre groupe chargé de franchir les Pyrénées. Le deuxième jour de leur séjour à Toulouse, deux jeunes hommes (âgés de 19 ou 20 ans) rassemblèrent le reste du groupe et les conduisirent à la gare, où ils furent rejoints par un troisième guide.

 

Les trois guides conduisirent les neuf aviateurs évadés en train jusqu'à Quillan (Languedoc-Roussillon), puis en autobus vers le sud jusqu'à Axat. Ils quittèrent ensuite la ville à pied et se cachèrent jusqu'à la tombée de la nuit, moment où leur guide fit venir un taxi. Une jeune femme se trouvait à bord, et le guide lui confia l'ensemble du groupe. Ils parcoururent une vingtaine de kilomètres en voiture avant de rejoindre un groupe de six Polonais. Un nouveau guide espagnol les conduisit ensuite à pied jusqu'à un village situé à environ six kilomètres de Quérigut. Ils passèrent la nuit dans une maison, où les rejoignirent six autres Polonais. La nuit suivante, le 11 mars 1944, ils furent confiés à un guide de montagne espagnol. Celui-ci entreprit de les conduire à travers les Pyrénées, mais la neige était profonde et très meuble. Après quelques kilomètres, Joseph F. DeFranze, épuisé, ne put plus continuer et dut être transporté par ses compagnons. Lorsqu'ils atteignirent une ligne de crête, le guide leur ordonna finalement de faire demi-tour et de revenir au village, où ils passèrent la nuit dans une grange. Leur guide de Toulouse les rejoignit alors et leur conseilla de retourner à Quillan. Fier, Collins et Cliff Tucker partirent les premiers, tandis que Freeman, Dymek et DeFranze fermaient la marche. Peu après Usson (au nord-est de Rouze), Freeman, Dymek et DeFranze réussirent à monter dans un autobus. Shields, McLaughlin et Sanderson les rejoignirent ensuite. En revanche, lorsque le bus rattrapa Fier, Collins et Tucker, il était complet et ne s'arrêta pas. Ils apprirent plus tard que les trois hommes avaient été arrêtés le lendemain à Axat. Freeman, DeFranze, Dymek, Shields, McLaughlin et Sanderson retournèrent à Quillan, où ils retrouvèrent leur ancien guide. Celui-ci les conduisit dans un hôtel, où ils retrouvèrent également les Polonais ainsi que la jeune femme qui les avait transportés en taxi. Ils restèrent à l'hôtel pendant huit jours, jusqu'au 25 mars 1944. Ce jour-là, ils repartirent vers Quérigut avec leur guide et un autre accompagnateur, qui les conduisirent à la même grange. Ils y passèrent la nuit, puis parcoururent environ un kilomètre jusqu'à une mine où se cachaient des contrebandiers espagnols. Un troisième guide leur apportait de la nourriture. Ils passaient les journées dans la mine et les nuits dans la grange. Pendant leur séjour à Quérigut, leur guide fut arrêté par la Gestapo. Le 28 mars 1944, quatre aviateurs britanniques ainsi que six Polonais vinrent rejoindre le groupe. Dans la nuit, deux nouveaux guides (dont l'un était celui qui leur apportait jusque-là de la nourriture), accompagnés de dix autres Polonais, prirent la tête du convoi.

 

Ils franchirent la frontière entre Latour-de-Carol et Puigcerdà dans la nuit du 30 mars 1944. Le groupe se reposa dans une grange à Puigcerdà pendant que l'un des guides se rendait à Barcelone afin d'organiser leur transport. Il revint dans la nuit du 1er avril 1944 avec un camion, qui les conduisit jusqu'à Barcelone. Les aviateurs américains et britanniques furent ensuite pris en charge par le consulat britannique. Le 4 avril 1944, le consul britannique emmena Freeman, Shields, DeFranze et Dymek en voiture jusqu'à l'ambassade britannique à Madrid, où ils séjournèrent jusqu'au 9 avril 1944. À cette date, ils furent conduits à Gibraltar. Freeman et Shields furent ensuite rapatriés par avion vers le Royaume-Uni, où ils arrivèrent le 12 avril 1944. Bien que Freeman ne mentionne pas Sanderson et McLaughlin dans son rapport, et que ceux-ci n'indiquent rien d'autre que leur arrivée à Gibraltar le même jour que Freeman, ils furent eux aussi rapatriés par avion vers l'Angleterre. Ils y arrivèrent le 20 avril 1944, en compagnie de DeFranze et de Dymek. Joseph est rentré à New York depuis Prestwick, en Écosse, le 7 mai 1944 et a été démobilisé le 28 octobre de l'année suivante.

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