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Photographie d'un parachutiste américain en 1944

Le récit d'évasion du S/Sgt. Arthur S. Meyerowitz :​

Le S/Sgt. Arthur S. Meyerowitz sauta en parachute à 18 000 pieds et se retrouva coincé dans un arbre, loin de ses camarades, vers le Sud de Lesparre-Médoc et se blessa au dos en essayant de se dégager. Sans se laisser décourager, il récupéra son parachute dans les branches et le dissimula sous le feuillage. Craignant une patrouille à vélo à proximité, il s'enfuit à travers les bois en direction d'un petit village. Durant la journée, Arthur écoutait attentivement les bûcherons au travail, dissimulé dans des buissons voisins. Il aperçut un camion transportant des ouvriers sous surveillance allemande cette nuit-là et décida de s'approcher d'une maison qu'il avait repérée au loin. Parvenu à une ferme, Arthur resta caché jusqu'à l'aube, puis émergea prudemment, transi de froid, et boita vers l'habitation isolée. Malgré sa méconnaissance du français, Arthur a courageusement sollicité l'aide des habitants. Heureusement, la famille française avait des liens avec un groupe de résistance local. Il fut déplacé entre plusieurs planques pour éviter d'être repéré.

 

Après avoir séjourné quatre jours à la ferme de Jean Barbé, Arthur fut récupéré par Charlotte Michel qui parlait un peu l'anglais et dont le mari était Martial Michel, un journaliste, imprimeur et éditeur qui dirigeait à Lesparre-Médoc Le Réveil médocain et L’Action médocaine, deux journaux liés à la clientèle électorale de Georges Mandel. Ils habitaient une maison située au 16 rue du Palais de Justice, à quelques mètres de la Kommandantur de Lesparre-Médoc. Charlotte Michel rapporte également avoir vu le 2nd Lt. William H. Thomas tomber en parachute dans le centre du village. Arthur fut ensuite remis à la pharmacienne Gisèle Chauvin et au Dr Pierre Chauvin à Lesparre-Médoc et fut relogé à leur domicile familial où il obtint de faux documents d'identité sur lesquels il était identifié comme étant sourd et muet, évitant ainsi d'avoir à échanger en français lors des contrôles. Arthur se rendit par la suite en autobus à Bordeaux avec Pierre Dupin (le cousin de Gisèle Chauvin) accompagné de Charlotte Michel et de sa fille Christiane âgée de 16 ans. Arthur restera à Bordeaux 3 ou 4 jours. Pierre Dupin, qui faisait parti du réseau d'évasion Brutus-Boyer, gardera ses plaques d'identité pour préparer la suite de son évasion. Ce réseau d'évasion était un groupe spécialisé dans l'aide aux pilotes et équipages alliés fuyant la France vers l'Espagne neutre.

Après quelques jours de repos, Arthur fut transféré vers la commune de Moissac (Tarn-et-Garonne) en compagnie de Charlotte Michel et de sa fille Christiane. Lors d'un barrage allemand sur la route, il fut contrôlé par les soldats ennemis mais ne sera pas inquiété grâce à ses faux papiers. Durant sa clandestinité, il usurpa diverses identités, dont celle de Georges Lambert venant d'Alger, un choix crucial puisque cela rendait la vérification d'identité difficile pour les autorités allemandes. À Moissac, Arthur logea dans la ferme de la famille de Jean Garric dans laquelle il restera une dizaine de jours et participera activement aux travaux agricoles.

Par la suite, il sera conduit par un homme dans le village de Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne) et séjourna deux semaines et demi chez Mimi Dumas, membre du réseau Morhange. Il y rencontra un certain Dr Rey et une certaine Madame Rigal. Sur place, Marcel Taillandier, chef du réseau Morhange, lui rendit visite et organisa son départ pour la ville de Toulouse. Pendant les trois mois et demi qu'il passa à Toulouse, au 96 Boulevard Deltour, il séjourna avec la famille d'Emile Thoulouse. Cette personne avait un magasin de peinture à proximité d'un poste de police. Emile Thoulouse ainsi que sa femme étaient des agents P1 du réseau Morhange. Arthur fut par la suite rejoint par le Flight Lieutenant Richard Frank Wharton Cleaver, pilote de la Royal Air Force britannique, qui était lui aussi parvenu à échapper à la capture.

 

Avec l'aide de Marcel Taillandier, Arthur et Richard partirent en direction de Perpignan avec leur guide André Fontes. De là, ils devaient entreprendre une périlleuse traversée des Pyrénées glacées. Gênés par les troupes allemandes dans la région, ils durent se cacher le jour et ne voyager que de nuit. Ils finirent par franchir les Pyrénées et restèrent cachés jusqu'à l'arrivée d'un guide envoyé par Taillandier. C’était crucial, car l’Espagne neutre n’était pas sûre, les agents allemands corrompant souvent des fonctionnaires espagnols pour qu’ils identifient les aviateurs alliés comme des criminels en fuite.

Arthur arriva au consulat britannique de Barcelone le 1er juin, puis voyagea avec Richard et trois Belges à travers Madrid et Séville avant d'embarquer sur un bateau de pêche à destination de Gibraltar. Ils y arrivèrent le 16 juin 1944 et, après avoir accompli les examens et formalités administratives nécessaires, Arthur et Richard s'envolèrent pour Londres. Arthur fut rapatrié aux États-Unis depuis Prestwick, en Écosse, le 7 juillet 1944. Il passa un an dans différents hôpitaux militaires en raison d'une grave blessure au dos contractée lors de cette terrible épreuve et reçut la Purple Heart pour sa blessure.

Historique des French Helpers qui ont aidé le S/Sgt Arthur S. Meyerowitz :

  • La famille Barbé :

  • La famille Michel : Martial Michel est né le 12 août 1920 à Saint-Junien (Haute-Vienne). Il se maria avec Marie Madeleine Charlotte Gerbaud née le 6 septembre 1902 à Macau (Gironde). Martial et Charlotte se marient le 8 septembre 1924 à Macau. De leur union naîtra Christiane Michel, le 1 juin 1925, à Lesparre-Médoc (Gironde). En 1923, le Château Desmirail est vendu aux enchères à Martial Michel, alors industriel textile. Celui-ci prit dans la crise économique des années 1930 vend le vignoble de la propriété parcelles par parcelles. En août 1938, il vend l'essentiel du vignoble du château Desmirail aux propriétaires du château Palmer. Martial devient alors journaliste, imprimeur et éditeur. Martial Michel décède le 20 janvier 1984 à Mérignac (Gironde), Charlotte Michel décède le 11 janvier 1993 à Le Bouscat (Gironde) et Christiane Michel décède le 24 mars 2019 à Alhama de Granada (Espagne).

  • La famille Chauvin :

  • La famille Dupin : Pierre Gabriel Dupin né le 21 février 1905 à Lormont (Gironde). Il se maria le 11 juin 1940 avec Andrée Fernande Dubourdieu à Talence (Gironde). Pierre Dupin et sa femme Andrée entrent dans la résistance en servant dans le réseau d'évasion Brutus-Boyer. Pierre Dupin est finalement arrêté et déporté. Après un court séjour au camp de Compiègne, il sera transféré dans les camps de concentration de Neuengamme puis de Sachsenhausen. Il décède le 23 septembre 1986 à Bordeaux.

  • La famille Garric : Il s'agit peut-être de la famille de Jean Garric né en 1893 et de sa femme Marie Louise née en 1898 qui avaient quatre enfants (Jacqueline née en 1921, Marcelle née en 1923, Jacques né en 1925 et Robert né en 1932).

  • Mimi Dumas :

  • Emile Thoulouse :

  • André Fontes : Il est né le 21 août 1912 à Toulouse (Haute-Garonne).

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